Depuis 1658, les Missions Étrangères de Paris participent activement à l’évangélisation de nombreux pays d’Asie, parmi lesquels la Thaïlande, le Vietnam, la Chine, le Cambodge, l’Inde, le Laos, le Japon, la Corée, la Malaisie, Singapour et la Birmanie.
Au XXe siècle, 23 missionnaires ont donné leur vie en témoins de leur foi jusqu’au martyre et ont été reconnus saints.
Aujourd’hui, les MEP rassemblent 130 prêtres répartis dans 14 pays. Elles poursuivent leur mission d’annonce de la Bonne Nouvelle en envoyant en Asie et dans l’océan Indien des prêtres missionnaires engagés à vie. Ceux-ci œuvrent notamment à la fondation de nouvelles communautés chrétiennes ou de groupes de prière, à la formation du clergé local, ainsi qu’à des actions caritatives dans les domaines de l’éducation et de la santé. Ils accompagnent également des minorités ethniques et des migrants, s’engagent dans le dialogue interreligieux et servent les communautés catholiques francophones d’Asie.
Nous vous présentons 10 portraits de missionnaires français partis évangéliser la Corée au cours du 19è siècle
et qui sont morts en martyrs :
Sources : Les Missions Etrangères de Paris
Saint Laurent Imbert
Né le 23 mars 1796 à Marignane
(Bouches du Rhône) dans le diocèse d'Aix-en-Provence, il entre aux Missions étrangères en octobre 1818 et est ordonné prêtre à Paris en décembre 1819. Destiné à la mission du Sichuan, il est retenu quelques mois au séminaire de Pinang et ne rejoint sa mission qu'en 1825. Après cinq ans de ministère itinérant, alors qu'il vient de se porter volontaire pour la mission de Corée, il est envoyé fonder le séminaire de Mupin, dans les montagnes proches des Marches tibétaines. Nommé vicaire apostolique de Corée après la mort de Mgr Bruguières, il entre dans sa nouvelle mission le 18 décembre 1837. Trahi par un apostat, il est arrêté par la police coréenne en août 1839 et, après quelques jours d'interrogatoire, demande à ses missionnaires Maubant et Chastan de se livrer pour faire cesser la persécution. Les trois missionnaires sont décapités ensemble.
Leurs dépouilles, récupérées clandestinement par les chrétiens survivants, seront inhumées sur la montagne Sam-song-san, au sud de Séoul.
Saint Jacques Chastan
Né le 7 octobre 1803 à Marcoux
(Alpes de Haute Provence) dans le diocèse de Digne, il s'éprend de la mission de Corée dès ses premières années d'études au séminaire d'Embrun. Et entre aux Missions étrangères le 13 janvier 1826, juste après son ordination. D'abord envoyé dans la mission du Siam comme professeur au collège de Pinang (en Malaisie actuelle), il dessert ensuite la paroisse voisine de Poulo-Tikus (ce qui lui vaut d'être honoré aujourd'hui encore comme le seul prêtre martyr de l'Église de Malaisie).
C'est là que son vicaire apostolique, Mgr Bruguières, le recrute pour la mission de Corée, où il est le deuxième missionnaire français à péné-trer, le 1er janvier 1837, après plusieurs mois de ministère dans la mission portugaise du Shandong. Il partage l'administration de la mission avec Pierre Maubant, avec lui se livre à la police, et sera décapité avec lui.
Saint Pierre Maubant
Né le 20 septembre 1803 à Vassy
(Calvados) dans le diocèse de Bayeux, il entre aux Missions étrangères en 1831 après deux années passées comme vicaire dans des paroisses rurales. Au cours de son voyage vers sa mission du Sichuan, en 1834, il rencontre Mgr Bruguières qui accepte sa demande de l'accompagner en Corée. Réfugié en Mongolie avec le vicaire apostolique, il parvient le 12 janvier 1836 à pénétrer en Corée à la place de celui-ci qui décède à quelques jours de marche de la frontière. C'est le premier missionnaire français de Corée et c'est à lui que l'on doit la sélection des premiers séminaristes coréens envoyés à Macao.
En septembre 1839, il se livre à la police coréenne sur l'ordre de son évêque, Mgr Imbert. Il est décapité au bord du fleuve Han après deux semaines d'interrogatoires.
Siméon-François Berneux
Siméon-François Berneux (1814-1866) fut un évêque catholique français des Missions étrangères de Paris et vicaire apostolique de Corée du Sud. Missionnaire infatigable, il mourut décapité à Saenamteo en 1866 durant la grande persécution anticatholique et fut canonisé en 1984 par Jean‑Paul II comme martyr de la foi.
Né le 14 mai 1814, Château-du-Loir (Sarthe, France)
Originaire du diocèse du Mans, Berneux fit ses études au séminaire de Précigné puis au grand séminaire du Mans. Ordonné prêtre en 1837, il enseigna la philosophie avant d’entrer au séminaire des Missions étrangères de Paris en 1839 (IRFA). Envoyé au Tonkin (Vietnam) puis en Mandchourie, il y apprit les langues et développa une solide expérience missionnaire.
Nommé vicaire apostolique et évêque de Capse en 1854, Berneux entra clandestinement en Corée en 1856. Il y réorganisa l’Église locale : création d’un séminaire, imprimeries et réseaux de catéchistes. Sous sa direction, le nombre de fidèles passa de 17 000 à plus de 25 000 en quelques années (IRFA). Son action se déroula dans la clandestinité face à des persécutions croissantes.
En février 1866, le régent coréen ordonna l’arrestation des missionnaires étrangers. Berneux fut capturé, torturé et condamné à mort pour avoir refusé d’abjurer la foi. Il fut décapité le 8 mars avec les Pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu et Pierre-Henri Dorie (Nominis). Leurs corps reposent désormais dans la cathédrale de Séoul (IRFA).
Son martyre fit de lui un symbole de la mission catholique en Asie. Béatifié par Paul VI en 1968 et canonisé par Jean-Paul II à Séoul en 1984 avec 102 autres martyrs coréens, il est commémoré chaque 8 mars. Son exemple illustre l’engagement missionnaire des Missions étrangères de Paris et la naissance de l’Église catholique en Corée (Nominis).
Saint Just de Bretenières
Just de Bretenières (1838-1866) fut un prêtre catholique français de la Société des Missions Étrangères de Paris et missionnaire en Corée. Il est vénéré comme saint et martyr, décapité en 1866 pour sa foi. Canonisé par Jean-Paul II en 1984, il figure parmi les cent-trois martyrs de Corée.
Né le 28 février 1838, Chalon-sur-Saône, France
Issu d’une famille bourguignonne, Just Ranfer de Bretenières manifesta dès l’enfance le désir d’être prêtre et missionnaire. Après des études à Lyon et au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, il rejoignit en 1861 les Missions Étrangères de Paris. Ordonné prêtre en 1864, il fut désigné pour la Corée, alors fermée aux étrangers et marquée par de violentes persécutions contre les chrétiens (Info-Chalon.com).
Entré clandestinement à Séoul en 1865, il prit le nom coréen de Païk Chanfour et se consacra à l’instruction des catéchumènes et à la célébration des sacrements dans la clandestinité. En février 1866, une nouvelle vague de répression frappa les missionnaires. Arrêté avec son évêque Siméon‑François Berneux et plusieurs prêtres, il fut torturé puis décapité le 8 mars 1866 à Saenamteo (Passionistes de Polynésie).
Ses reliques furent d’abord transférées à la cathédrale de Séoul, puis partiellement rapatriées en Bourgogne. La paroisse Saint-Just-de-Bretenières de Chalon-sur-Saône perpétue sa mémoire. Son exemple illustre la ferveur missionnaire du XIXᵉ siècle et le lien durable entre les Églises de France et de Corée (Foi Magistère Parole de Dieu).
Saint Louis Beaulieu
Louis Beaulieu (1840–1862) était un missionnaire catholique français des Missions étrangères de Paris
Né le 8 octobre 1840, Langon (Gironde, France)
Il entre aux Missions étrangères en août 1863. Ordonné prêtre en mai 1864, il fait partie du groupe de quatre missionnaires envoyés en renfort en Corée juste avant la dernière persécution.
Il maîtrise très rapidement la langue coréenne mais, arrêté le 27 février 1866, il est exécuté le 8 mars avant d'avoir pu exercer son ministère.
Saint Henri Dorie
Né le 23 septembre 1839 à Saint-Hilaire de Talmont (Vendée),
dans le diocèse de Luçon, il entre aux Missions étrangères en août 1862. Ordonné prêtre en 1864, il es affecté à la mission de Corée.
Son destin suit alors celui de son confrère et ami Louis Beaulieu.
Caché comme lui dans un village des environs de Séoul, il est arrêté le 27 février 1866 et décapité le 8 mars.
Saint Antoine Daveluy
Antoine (Marie-Nicolas-Antoine) Daveluy (1818–1866) était un évêque catholique français et missionnaire des Missions étrangères de Paris, martyrisé en Corée. Il figure parmi les 103 martyrs de Corée canonisés en 1984 par Jean-Paul II pour leur témoignage de foi.
Né le 16 mars 1818, Amiens (France)
Aîné d’une famille amiénoise profondément chrétienne, Daveluy entre en 1834 au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux et est ordonné prêtre en 1841. Vicaire à Roye, il rejoint bientôt les Missions étrangères de Paris. Envoyé d’abord vers le Japon, il gagne finalement la Corée clandestinement en 1846 avec André Kim Taegon et Mgr Ferréol.
Pendant vingt ans, Daveluy œuvre à l’évangélisation des Coréens : il apprend la langue, rédige un dictionnaire coréen-français et forme les catéchistes. En 1857, il est consacré évêque à Séoul et nommé coadjuteur de Siméon-François Berneux, qu’il remplace brièvement comme vicaire apostolique en 1866. Sa pastorale alliait rigueur doctrinale, simplicité de vie et ouverture culturelle.
Arrêté lors de la grande persécution de 1866, il est torturé et décapité le Vendredi saint, 30 mars, avec deux prêtres français et deux laïcs coréens. Ses reliques, d’abord transférées à Nagasaki, reposent aujourd’hui à la basilique des Martyrs de Myeongdong (Séoul) et en partie à la cathédrale d’Amiens.
Saint Antoine Daveluy est honoré comme un pont entre l’Église de France et celle de Corée. Sa vie illustre la ferveur missionnaire du XIXᵉ siècle et demeure un symbole d’universalité chrétienne, de courage et de fidélité jusqu’au sacrifice ultime.
Saint Pierre Aumaître
Pierre Aumaître (1837-1866) est un prêtre catholique français des Missions Étrangères de Paris, missionnaire en Corée, mort martyr en 1866 lors des persécutions contre les chrétiens. Il a été canonisé en 1984 par le pape Jean-Paul II avec les 103 martyrs de Corée.
Né le 8 avril 1837 à Aizecq (Charente, France)
Issu d’une famille paysanne pieuse, Aumaître étudia au petit séminaire de Richemont puis au grand séminaire d’Angoulême. Entré en 1859 au Séminaire des Missions Étrangères de Paris, il fut ordonné prêtre en 1862 et partit la même année pour la Corée, alors fermée aux étrangers. Son parcours témoigne d’un zèle missionnaire intense et d’une foi persévérante dans l’adversité. (IRFA)
Arrivé clandestinement à Séoul en juin 1863, il travailla d’abord aux côtés de Mgr Berneux avant d’être envoyé dans la province de Kyeng-Keui. Il s’adapta aux coutumes locales, apprit la langue et exerça un ministère discret mais fécond auprès des communautés chrétiennes persécutées. Ses lettres révèlent une profonde compassion pour ses fidèles et un attachement sincère au peuple coréen. (IRFA)
Lors de la grande persécution de 1866, Aumaître se constitua prisonnier pour épargner ses chrétiens. Torturé, il fut décapité le Vendredi Saint, le 30 mars 1866, avec Mgr Antoine Daveluy et le père Luc Huïn sur la plage de Kal-Mae-Mothe, près de Séoul. Ses reliques reposent aujourd’hui dans la cathédrale de Séoul. Sa figure illustre le lien spirituel durable entre l’Église de France et celle de Corée, encore honoré dans sa paroisse natale d’Aizecq et parmi les communautés coréennes. (Nominis)
Martin-Luc Huin (prêtre, exécuté en 1866)
Martin-Luc Huin (1836–1866) fut un prêtre catholique français des Missions étrangères de Paris, missionnaire en Corée et martyr. Il est honoré parmi les 103 martyrs de Corée, canonisés par Jean-Paul II en 1984 pour leur témoignage de foi face aux persécutions.
Né le 20 octobre 1836, Guyonvelle (Haute-Marne, France)
Ordonné prêtre pour le diocèse de Langres, Martin-Luc Huin entra en 1863 au séminaire des Missions étrangères de Paris. Il y manifesta un ardent désir de servir dans les territoires d’Asie. Envoyé en 1864, il atteignit la Corée l’année suivante après un long voyage par Shanghai et le Liaodong. Il s’installa dans la communauté chrétienne de Seo-koui, où il apprit la langue et partagea la vie des fidèles locaux. (Nominis)
Lors de la grande persécution de 1866, Huin fut arrêté à Soi-tjai en même temps que plusieurs confrères, dont les évêques Berneux et Daveluy. Après des tortures, il fut décapité à Syou-yeng le Vendredi saint, 30 mars 1866, pour avoir prêché une religion interdite. Son corps fut d’abord enterré clandestinement en Corée puis transféré au Japon avant d’être inhumé à la cathédrale de Séoul. Il a été canonisé parmi les martyrs de Corée en reconnaissance de son courage et de sa fidélité à l’Évangile. (IRFA)
Une paroisse du diocèse de Langres porte son nom, et plusieurs ouvrages, dont Un témoin du Christ au XIXᵉ siècle du chanoine Émile Vauthier, relatent sa vie exemplaire. Son histoire illustre la dimension universelle du témoignage chrétien et la contribution française à l’évangélisation de la Corée au XIXᵉ siècle. (Cultura)