Les origines mythiques : Dangun
Selon la tradition, la Corée aurait été fondée en 2333 av. J.-C. par Dangun. C’est un mythe fondateur encore très présent dans l’identité nationale.
Dangun (ou Dangun Wanggeom) est une figure légendaire considérée comme le fondateur mythique du premier royaume coréen, Gojoseon. Selon la mythologie coréenne, il aurait établi ce royaume en 2333 av. J.-C., marquant le commencement symbolique de la civilisation coréenne. Le récit de Dangun provient principalement du Samguk Yusa, une compilation du XIIIᵉ siècle. Il décrit la descente du céleste Hwanung, qui s’unit à une ourse transformée en femme, Ungnyeo. De leur union naît Dangun, qui fonde Gojoseon sur le mont Taebaek. Cette histoire relie la lignée coréenne aux cieux et à la nature.
Dangun incarne l’unité du peuple coréen et l’origine spirituelle de la nation. Son mythe mêle éléments chamaniques, confucéens et taoïstes, exprimant des valeurs d’harmonie entre ciel, terre et humanité. Il demeure une figure centrale de l’identité culturelle coréenne, célébrée chaque année lors de la fête nationale Gaecheonjeol.
De nombreux monuments, temples et statues sont dédiés à Dangun, notamment le mausolée de Dangun à Pyongyang. Son mythe inspire encore la littérature, les arts visuels et le nationalisme moderne, en particulier au XXᵉ siècle lors des mouvements d’indépendance coréens. Dangun symbolise aujourd’hui la continuité historique du peuple coréen et sa souveraineté culturelle.
Guerre d’Imjin (1592–1598)
La guerre d’Imjin, aussi appelée invasions japonaises de la Corée, désigne deux campagnes militaires lancées par le Japon du shogun Toyotomi Hideyoshi contre la dynastie Joseon de Corée et la dynastie Ming de Chine. Ce conflit majeur d’Asie de l’Est a redéfini l’équilibre régional et marqué profondément l’histoire militaire de la région.
À la fin du XVIᵉ siècle, Toyotomi Hideyoshi, cherchant à étendre son pouvoir après l’unification du Japon, projette d’envahir la Chine en passant par la Corée. Le refus du roi Seonjo d’accorder un passage provoque l’invasion de 1592. Les forces japonaises avancent rapidement, mais la résistance coréenne et l’intervention des troupes Ming changent le cours du conflit.
La guerre se divise en deux phases : la première invasion (1592–1596) et la seconde (1597–1598). La marine coréenne, sous le commandement de l’amiral Yi Sun-sin, joue un rôle décisif grâce à l’utilisation de navires cuirassés, les « tortues ». Les campagnes terrestres, menées par les Japonais, s’enlisent face à la guérilla coréenne et à la contre-offensive sino-coréenne.
Le retrait japonais après la mort de Hideyoshi met fin au conflit. La guerre d’Imjin laisse la Corée dévastée et renforce la méfiance sino-japonaise. Elle stimule également les réformes militaires de Joseon et consolide la réputation de Yi Sun-sin comme héros national coréen. Ce conflit est souvent vu comme un prélude aux rivalités régionales ultérieures en Asie orientale.
Mouvement du 1er mars
Le mouvement du 1er mars 1919 fut une insurrection populaire coréenne contre la domination coloniale japonaise, déclenchée le 1er mars 1919. Cet épisode majeur de l’histoire moderne de la Corée marqua le début d’un vaste mouvement nationaliste pour l’indépendance.
Après l’annexion de la Corée par le Japon en 1910, la population subit une politique d’assimilation et de répression culturelle. Inspirés par les idéaux d’autodétermination de la Première Guerre mondiale et la mort de l’ancien roi Gojong, des intellectuels, étudiants et religieux rédigèrent la Déclaration d’indépendance de la Corée, proclamée publiquement à Séoul le 1er mars 1919.
Des manifestations pacifiques éclatèrent simultanément dans tout le pays, rassemblant plus de deux millions de participants. Bien que non violentes au départ, elles furent violemment réprimées par l’administration coloniale japonaise : des milliers de Coréens furent tués, blessés ou emprisonnés.
Malgré son échec immédiat à obtenir l’indépendance, le mouvement du 1er mars renforça la conscience nationale et stimula la création du Gouvernement provisoire de la République de Corée. Il inspira par la suite les mouvements indépendantistes en Asie et reste commémoré chaque année en Corée du Sud comme Samiljeol, fête nationale de l’indépendance.
Guerre de Corée
La guerre de Corée (1950-1953) fut un conflit majeur de la Guerre froide opposant la Corée du Nord, soutenue par la Chine et l’Union soviétique, à la Corée du Sud, appuyée par les Nations unies sous commandement américain. Déclenchée par l’invasion du Sud le 25 juin 1950, elle causa plusieurs millions de morts et marqua durablement la péninsule coréenne.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée fut libérée de l’occupation japonaise mais divisée au 38ᵉ parallèle : au nord, un régime communiste sous Kim Il-sung ; au sud, un État anticommuniste dirigé par Syngman Rhee . Les tensions de la Guerre froide empêchèrent toute réunification et menèrent à l’invasion du Sud par le Nord le 25 juin 1950.
Les troupes nord-coréennes conquirent d’abord la quasi-totalité du Sud avant d’être repoussées par une contre-offensive de l’ONU, dirigée par le général Douglas MacArthur, après le débarquement d’Incheon. L’intervention de la Chine à partir d’octobre 1950 renversa de nouveau la situation et fixa le front autour du 38ᵉ parallèle. Après deux années d’impasse militaire et de négociations, un armistice fut signé le 27 juillet 1953.
Aucun traité de paix n’a jamais été conclu, laissant la Corée techniquement en guerre . Le conflit consolida la division durable entre la République de Corée (Sud) et la République populaire démocratique de Corée (Nord). Il marqua aussi la première intervention militaire de l’ONU et l’un des épisodes les plus meurtriers du XXᵉ siècle, symbolisant la confrontation globale entre les blocs communiste et occidental.
Samsung
Samsung est un conglomérat multinational sud-coréen, fondé en 1938 par Lee Byung-chul. Il est l’un des plus grands chaebols (groupes familiaux) de Corée du Sud et un acteur mondial majeur dans l’électronique, les semi-conducteurs, les télécommunications et d’autres secteurs industriels.
À l’origine entreprise de négoce, Samsung s’est diversifié dans les textiles, la construction navale et la pétrochimie avant de devenir un leader de la technologie. Dans les années 1960 et 1970, le groupe a étendu ses activités à l’électronique grand public et aux semi-conducteurs, posant les bases de sa domination future.
Samsung représente une part significative du PIB sud-coréen et joue un rôle central dans l’économie du pays. Son influence dépasse le secteur technologique, avec des contributions dans la construction, les assurances et les biotechnologies. L’entreprise symbolise la réussite industrielle coréenne et la montée en puissance de l’Asie dans les hautes technologies.
Le groupe a traversé des controverses liées à la gouvernance et à la succession familiale, notamment avec Lee Jae-yong, fils du fondateur. Malgré ces difficultés, Samsung reste l’un des leaders mondiaux de l’innovation technologique et continue d’investir massivement dans la 5G, l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs







